RENOVATION ET EXTENSION DU MUSEE DES BEAUX-ARTS DE TOURNAI

Bien sûr, ce n'est pas pour aujourd'hui. Beaucoup de problèmes doivent être résolus mais toute l'importance d'une telle réalisation de cette importance demande réflexion avec un terme assez conséquent.

Ce lundi, les organisateurs avaient ramené le ban et l'arrière-ban des médias afin de présenter l'avancement de ce qui sera  un attrait artistique d'une importance, nous pourrions dire vitale, pour la Ville de Tournai.

Tous les participants à cette oeuvre gigantesque se sont succédé pour présenter les différentes phases de la rénovation et de la reconstruction de notre patrimoine.

Une partie de la population qui ne s’intéresse pas à l’art se demande pourquoi une restauration et une extension s’impose.

Rudy Demotte, bougmestre en fait de la Ville de Tournai, répond à cette question :

DSC_0186.JPG

Le musée des Beaux-Arts se devait d’être restauré mais vous avez le droit de vous demander pourquoi. En voici les raisons :

D’abord parce que le Musée des Beaux-Arts est une œuvre d’art singulière : seul musée jamais construit par Horta. Le bâtiment « vaut le voyage ».

Mais pas seulement : il « abrite » l’une des cinq plus belles collections de peinture en Belgique, sans nul doute la plus belle de Wallonie, et la plus belle collection impressionniste du pays.

Je dis « abrite » bien qu’aujourd’hui ce mot ne soit pas le plus adéquat.

Pourquoi ?

Parce que les normes climatiques, de sécurité et d’éclairage ne sont plus respectées.

Ce musée avait été conçu comme une grande galerie, empli de lumière et d’espace mais dépourvu des aspects pratiques nécessaires à la vie d’un musée, il ne répond tout simplement plus aux normes.

Les réserves ? Les œuvres sont dans la cave, les conditions thermiques de conservation n’y sont pas respectées mais dans les salles d’exposition non plus : les écarts de température sont trop importants.

L’éclairage ? Il n’est pas modulable, il est trop important dans ce musée de lumière, il abîme les œuvres.

La couverture en zinc et en verre est en piteux état : les infiltrations sont nombreuses et dangereuses pour le musée et les oeuvres.

La sécurité ? Elle n’est pas suffisante. 

Ces éléments à eux seuls, déjà, justifient que l’on se mette au chevet de ce remarquable monument malade.

Il y en a d’autres :

Le Musée ne peut présenter qu’un faible pourcentage de ses collections ;

Le Musée n’est plus adapté à la muséographie moderne : il n’est pas confortable pour les visiteurs. Que trouve-t-on dans un musée « moderne » ? Un accueil, une boutique, un centre de documentation, des espaces de réunions, une cafeteria. Ce n’est pas le cas ici.

Il ne dispose pas d’espaces pour le personnel : pour le travail administratif, ni pour simplement la gestion des expositions temporaires.

Cet état ne permet pas au Musée, malgré des collections exceptionnelles, de pouvoir revendiquer sa place en catégorie A. Il est en catégorie C ! (avec comme conséquence, des subventions réduites.

Le Musée des Beaux-Arts de Tournai a au minimum 20 ans de retard sur l’évolution muséale en général.

Qui a-t-on autour de nous ? Le LAM à Villeneuve-d’Ascq, le Louvre Lens, la Piscine de Roubaix, le Palais des Beaux-Arts de Lille… A moins de 15 à 20 minutes de Tournai ! Tournai peut s’intégrer à ce réseau muséal, notre ville dispose d’un patrimoine architectural riche (deux monuments classés à l’UNESCO).

Pourtant, je l’ai dit d’entrée de jeu : le Musée des Beaux-Arts de Tournai, de par son architecture, de par ses collections, pourrait connaître le même retentissement, bénéficier du même pouvoir d’attractivité. Il suffit de voir le succès rencontré par des expos comme la Beauté sauvera le monde (26.000 visiteurs).

La Collection Van Cutsem est un ensemble unique qui a fait la réputation du musée à l’échelle internationale. Nous prêtons régulièrement des œuvres, dans les plus grands musées du monde.

Je suis convaincu que le Musée peut contribuer au rayonnement de Tournai. Il y contribue d’ailleurs mais il pourrait le faire davantage. A l’unique condition qu’il soit rénové et agrandi.

Demain

Un musée aujourd’hui se doit être interactif. Participatif. Ce n’est pas un lieu figé. C’est un lieu de vie.

C’est pour cette raison que nous avons passé une convention entre l’IPW, la FWB et la Ville pour lancer un marché de services par procédure négociée avec publicité européenne pour la désignation d’un auteur de projet chargé de la rénovation & l’extension du musée (2014), montant de 150.000€.

Objectif : trouver l’architecte qui pourrait à la fois « sauver » le musée et l’inscrire dans la postérité.

Assez fait durer le suspens : c’est le bureau d’Architecture « Xaveer De Geyter » qui est lauréat du concours.

 

Toutes mes félicitations.

 

CONCLUSION

Quels sont les enjeux ?

  • Faire de ce bâtiment, de ses collections un véritable point d’ancrage, de développement et d’attractivité de Tournai.
  • Redonner au musée sa lisibilité et sa visibilité aussi : le musée n’est pas visible, il est presque terré dans un coin de la cour de l’Hôtel de Ville. C’est indigne. Nous voulons faire un projet symboliquement fort. Ambitieux.
  • Mobiliser les moyens : la rénovation/extension est estimée à environ 20 millions €. Le caractère exceptionnel des collections, du bâtiment mais le potentiel de développement du musée justifient amplement cet investissement.
    Comme je l’ai toujours fait (Cathédrale, Conservatoire, Maison de la Culture), je ferai tout ce qui est en mon pouvoir pour mobiliser les moyens nécessaires à cette restauration.
  • -------------------------------------------------------------------------------------------------------  
  • La rénovation et extension du Musée des Beaux-arts de Tournai - Présentation du projet de l’équipe lauréate 5 septembre 2016 .

DSC_0168 copie.jpg

DSC_0171 copie.jpg

DSC_0175.JPG

DSC_0176.JPG

DSC_0181.JPG

DSC_0184.JPG

  • Ce qu’est maintenant le Musée des Beaux-arts et ce qu’il sera dans … ans.
  • DSC_0180 copie.jpg

  • Ce dont on peut être sûr, c’est que ce sera un objectif culturel, patrimonial et architectural de premier plan en Belgique. (présentation de ces deux aspects exhaustifs).
  • Le Musée des Beaux-Arts est l’œuvre majeure de Victor Horta en Wallonie et le seul musée conçu en tant que tel au cours de sa carrière - il est reconnu à ce titre comme patrimoine exceptionnel de Wallonie.
  • Inauguré en 1928 au départ de la collection du mécène Henri Van Cutsem, le musée abrite la collection de peintures, dessins et sculptures la plus importante de Wallonie (XIVe-XIXe siècle), reconnue par les spécialistes comme l’une des cinq les plus importantes de Belgique.
  • Le marché d’architecture a été initié par la Ville de Tournai et accompagné par l’Institut du Patrimoine wallon et la Cellule architecture de la Fédération Wallonie- Bruxelles, dans l’objectif d’améliorer la valorisation et la conservation des œuvres, l’accueil du public et de soutenir l’inscription du lieu dans l’Eurométropole ainsi qu’à l’international.


  • L’ENJEU PUBLIC DE LA RÉNOVATION DU MUSÉE DES BEAUX-ARTS
  • Le projet consiste en la restauration du bâtiment historique et son articulation à une nouvelle extension à concevoir. L’étude porte également sur l’aménagement des abords du Musée, pour en définir le contour pertinent en vue d’améliorer son accessibilité et sa visibilité et ce, dans les limites des terrains propriétés de la Ville. L’objectif général est d’améliorer la valorisation et la conservation des œuvres, l’accueil du public et de soutenir l’inscription du lieu culturel dans l’Eurométropole ainsi qu’à l’international.
  • Le bâtiment, conçu par Victor Horta, est repris dans la liste du patrimoine exceptionnel de la Région Wallonne. Il est inscrit, par arrêté du Gouvernement Wallon du 19 juillet 2012, dans la liste des biens classés sur lesquels l’IPW exerce sa mission de gestion et de valorisation. La rénovation et l’extension de l’ensemble du bâtiment sont soumises à certificat de patrimoine.
  • Le Musée abrite la collection de peintures, dessins et sculptures la plus importante de Wallonie, généralement reconnue par les spécialistes comme une des cinq plus importantes de Belgique. La rénovation vise notamment la mise en conformité pour répondre aux conditions de reconnaissance des musées de catégorie A, telles que définies dans le décret du 17 juillet 2002 et l’arrêté du 22 décembre 2006 du Gouvernement de la Communauté française relatifs à la reconnaissance et au subventionnement des musées et autres institutions muséales.
  • Le projet doit réorganiser complètement les surfaces disponibles actuellement, avec une attention particulière portée à l’articulation entre l’ancien et le nouveau bâtiment. Le Musée, qui n’expose jusqu’à présent que 3 à 5 % de la collection, pourra ainsi accueillir davantage d’œuvres et ce, dans es conditions de luminosité, de température et d’hygrométrie adaptées, afin de permettre une
  • coexistence dynamique d’expositions permanentes d’arts ancien, moderne et contemporain et d’expositions temporaires.
  • Il intègrera une série d’espaces de services complémentaires destinés au public, au personnel mais également au stockage de la collection, dont les conditions de conservation seront adaptées.
  • Enfin, c’est l’accueil du public, dont celui des personnes à mobilité réduite et autre public fragilisé, qui vise à être amélioré par de meilleures conditions de confort et de sécurité, des dispositifs d’animation didactique et une inscription intensifiée de l’équipement dans l’espace public urbain.
  • Le Musée rénové et étendu doublera sa surface actuelle (3000 m² dont 1000 m² d’espaces techniques en sous-sol) pour atteindre une surface totale d’environ 6000 m² et son personnel sera quadruplé par rapport à aujourd’hui.
  • LE MARCHÉ D’ARCHITECTURE
  • Le marché porte d’une part sur une mission complète d’étude et de suivi de l’exécution des travaux de rénovation du bâtiment du musée, de construction d’une extension et d’aménagement de ses abords directs et d’autre part sur une réflexion (qui ne sera développée que jusqu’au stade de l’Esquisse dans un périmètre élargi). Cette dernière vise l’inscription urbanistique et paysagère de l’équipement dans l’espace public urbain et à cette occasion une optimisation de l’aménagement de la zone.
  • Etant donné l’ampleur de l’investissement, une proposition de phasage a été explicitement demandée aux auteurs de projet.
  • LA SITUATION EXISTANTE
  • UN ENSEMBLE PATRIMONIAL EXCEPTIONNEL ARCHITECTURE ET COLLECTIONS
  • Seul musée jamais conçu (1907-1928) en tant que tel par l’architecte Victor Horta, le bâtiment, de plan fort original en forme de « tortue », offre un exemple intéressant de transition entre l’art nouveau et le modernisme d’inspiration « Art déco ». Par sa précocité chronologique (inauguré en 1928, ses premiers projets remontent toutefois à 1907), il constitue sans doute l’un des tout premiers prototypes de musée
  • « moderne » à l’échelon international. Sa belle façade monumentale en pierre calcaire de Tournai reprend notamment les fameux motifs à enroulement végétal, qui firent à la fois la renommée de l’architecte et du mouvement « Art nouveau » qu’il inspira. L’articulation dynamique et la forte lisibilité de ses espaces intérieurs sont également remarquables, offrant de multiples perspectives sans cesse renouvelées, tant en direction de l’atrium central abritant actuellement les sculptures que vers les différentes salles d’exposition latérales et périphériques présentant les peintures, ce qui constitue son caractère unique. Enfin, la couverture intégrale du bâtiment par des verrières lui assure une luminosité exceptionnelle, sous forme d’éclairage diffus.
  • Le Musée abrite par ailleurs la collection de peintures, dessins et sculptures la plus importante de Wallonie, généralement reconnue par les spécialistes comme l’un des cinq les plus importantes de Belgique. La collection de peintures, de dessins et de sculptures embrasse la période ancienne et moderne (XVe-XIXe), avec quelques ajouts contemporains ; elle est essentiellement composée de la fameuse collection du grand mécène Henri Van Cutsem († 1904) ainsi que d’anciens fonds locaux. Son extraordinaire ensemble de peinture impressionniste française doit également être considéré comme le plus riche du pays, avec quelques chefs-d’œuvre de renommée mondiale, tels les deux Manet, Argenteuil et Chez le Père Lathuille, seules œuvres de cet artiste figurant en Belgique, auxquels s’ajoutent encore des créations exceptionnelles de Seurat, Monet, Van Gogh, Toulouse-Lautrec et Fantin-Latour.
  • Une très importante collection de peintures et, surtout, de dessins belges du XIXe siècle, largement inconnus et inédits, la complète utilement et offre un panorama complet des tendances romantiques, réalistes, symbolistes et impressionnistes les mieux représentées dans notre pays à cette époque (Gallait, De Braekeleer, Khnopff, Ensor). Mais l’art ancien ne démérite pas non plus, avec un remarquable ensemble représentatif de la peinture des anciens Pays-Bas depuis le XVe jusqu’au XVIIe siècle, comprenant des œuvres autographes d’artistes de premier plan, comme Roger de le Pasture, Jean Gossart, Pierre Bruegel, Rubens, Jordaens et Van Dyck.
  • LES DIFFICULTÉS RENCONTRÉES
  • Dans l’état actuel de ses infrastructures, le Musée des Beaux-arts de Tournai n’est pas à même de remplir ses différentes missions dans les domaines scientifique, esthétique, de la préservation et du loisir, comme outil « global » de culture.
  • Le bâtiment existant, qui se limite aujourd’hui à un « grand espace d’exposition ouvert », sorte de vaste galerie communicante sans espaces fonctionnels nettement séparés, ne permet pas notamment d’installer des services qui sont indispensables et trouvent place dans tous les musées contemporains. En outre, des 3.000 pièces environ que compte aujourd’hui la collection du musée (inventaire en annexe), à peine 5% de celles-ci peuvent actuellement être exposées faute d’espace et en tenant compte d’un impératif esthétique, qui veut que l’accrochage des peintures, dessins et sculptures soit suffisamment léger afin de ne pas nuire à la beauté du cadre architectural qui est, dans ce cas spécifique, indispensable.
  • Aussi, la sauvegarde des collections est actuellement mise en péril que ce soit face aux conditions climatiques ou de leur sécurité. Souhaitées par Victor Horta afin de dispenser un maximum de lumière à l’intérieur des salles du musée, les superbes verrières Art Nouveau qui couvrent la totalité de la surface en toiture produisent, à certains moments du jour ou de l’année, un excès de luminosité qui nuit à la perception et à la protection de certaines œuvres ou au simple confort de vision dans lequel elles doivent être contemplées.
  • Par ailleurs, elles provoquent un échauffement excessif des espaces intérieurs, à la manière d’un effet de serre.
  • Cet échauffement est à la fois dommageable pour les œuvres, qui ne peuvent de ce fait être exposées à température et à taux d’humidité constants, ainsi que pour les visiteurs, dont le confort de visite est perturbé par l’élévation de température. On relève également des défauts localisés d’étanchéité des toitures. La grande majorité des réserves n’est actuellement accessible que depuis l’extérieur, ce qui pose beaucoup de difficultés pour la manipulation des œuvres entre réserve et espace d’exposition.
  • Enfin, le bâtiment est totalement enclavé et masqué, alors qu’il se situe à proximité des remparts historiques de la ville (porte Saint-Martin), du boulevard périphérique (boulevard de Lalaing, lieu de transit automobile important) et de l’Hôtel de Ville, repères structurants dans le paysage urbain. Horta lui-même déplorait déjà dans ses mémoires qu’il fut situé « en un endroit perdu » et donc en quelque sorte caché.
  • USAGES ACTUELS
  • Le bâtiment actuel compte un peu plus de 3000 m², soit 2000 m² de zones publiques ainsi que près de 1000 m² en semi sous-sol contenant réserves et logement de fonction, accessible par le jardin, pour le concierge. Le Musée a accueilli 16.000 visiteurs sur l’année 2011 et plus de 28.000 en 2012 (attrait augmenté par une exposition temporaire phare).
  • L’équipe lauréate
  • Le marché d’architecture (procédure négociée avec publicité européenne) a été initié en mars 2014 par la Ville de Tournai et accompagné par l’Institut du Patrimoine wallon et la Cellule architecture de la Fédération Wallonie-Bruxelles.
  • Au terme de celui-ci, c’est à l’équipe de XAVEER DE GEYTER ARCHITECTS qu’a été attribué le marché, en août 2016.
  • COMPOSITION DE L’ÉQUIPE
  • Xaveer de Geyter : architecture, paysage, design mobilier Barbara Van Der Wee : restauration des bâtiments historiques Kascen : design signalétique, muséographie
  • Ney & Partners : stabilité Techniques spéciales : Ingenium PEB, acoustique : Daidalos
  • PRÉSENTATION DE XAVEER DE GEYTER ARCHITECTS (XDGA)
  • XDGA est un bureau international d’architecture basé à Bruxelles et fondé par Xaveer De Geyter qui pratique l’architecture, l’urbanisme et l’aménagement du paysage à différentes échelles et différents niveaux.
  • Depuis sa création il y a une vingtaine d’années, XDGA a participé à un grand nombre de concours internationaux, ce qui a permis au bureau de développer un portfolio illustrant son approche en architecture et urbanisme. Aujourd’hui, le bureau compte 50 collaborateurs de 11 nationalités différentes qui travaillent à Bruxelles et à Paris.
  • Les projets XDGA actuellement en construction incluent le réaménagement de la station de métro et de la place Rogier à Bruxelles, le nouveau siège de la Province d’Anvers, un centre de soins pour les personnes âgées à Anvers, un complexe de logements à Boulogne-Billancourt (Paris), la reconstruction de l’entrepôt Mac Donald à Paris, et le plan directeur de Paris-Saclay.
  • Parmi les projets XDGA récompensés au niveau international, on peut mentionner les cinq tours de logement à Breda (nomination Prix européen Mies Van der Rohe de l’architecture contemporaine), le plan d’urbanisme de l’Îlot Saint-Maurice à Lille (Prix de l’urbanisme de France) et la Tour Cuisine COOVI à Bruxelles (BIGMAT AWARD, Grand International Prize).
  • Le bureau a également été récompensé par le Prix belge pour l’Architecture 2013 dans la catégorie bâtiments publics. Xaveer De Geyter a reçu le Prix flamand de la Culture pour l’architecture 2014. Trois expositions itinérantes sur les travaux de XDGA ont été programmées et ont donné lieu à des publications rétrospectives: 12 projets (2001), After-Sprawl (2002) et XDGA_160_Expo en 2013.
  • Les concours remportés récemment comprennent la conception du front de mer à Vlora (Albanie), la conception de la place Schuman à Bruxelles, la construction d’un bâtiment scolaire à Gand et le projet d’aménagement du quartier Mogère à Montpellier.
  • PRÉSENTATION DE BARBARA VAN DER WEE ARCHITECTS
  • L’équipe de Barbara Van der Wee est spécialisée dans le domaine de la restauration et de la reconversion des sites et bâtiments historiques du 19ième et 20ième siècles, dont la majorité d’entre eux sont classés en tant que monument ou site historique, et quelques uns sont inscrits sur la liste du Patrimoine Mondial de l’UNESCO. L’équipe apporte beaucoup d’importance au travail interdisciplinaire, depuis la phase d’étude préalable, lors de l’établissement du dossier d’exécution et jusqu’à la fin des travaux. L’étude d’un dossier de conservation ce fait en collaboration continue d’une part avec l’ensemble de l’équipe du projet (composée du maître de l’ouvrage, des bureaux d’études, des différents services émanant de la Ville, du Service des Monuments et Sites, de la CRMS, …), et d’autre part avec des spécialistes externes. L’approche du projet de conservation est donc une approche intégrée, dans laquelle l’équipe recherche à obtenir la connaissance approfondie d’un site ou d’un bâtiment afin de pouvoir valoriser son authenticité tout en y intégrant de nouvelles interventions, techniques et/ou fonctions.
  • Parmi les projets de restauration suivis par Barbara Van der Wee, citons les réalisations de Victor Horta, certains patrimoine UNESCO: l’Hôtel Van Eetvelde, le Musée Horta, l’hôtel Winssinger, la Villa Carpentier, l’hôtel Frison, l’hôtel Max Hallet, le Palais des Beaux-Arts.
  • ---------------------------------------------------------------------------------------------------------------------Présentation du projet de rénovation et d’extension par l’équipe lauréate

 

  • ARCHITECTURE ET URBANISME
  • HORTA
  • L’essentiel du bâtiment de Horta peut être résumé en trois qualités principales : l’abondance de lumière naturelle zénithale, la structure panoptique axiale à deux nœuds et la distinction entre la partie visible – façade principale et intérieur - et la partie invisible – façades latérales en briques et espace interstitiel à l’intérieur de l’îlot. Ces qualités spatiales nous semblent former le cadre essentiel que nous devrions respecter et mettre en valeur pour toute intervention ou extension du musée.
  • NORMES
  • La mise en conformité du bâtiment aux exigences des musées de catégorie A aurait des conséquences importantes quant à la luminosité. Un système d’occultation réduirait la luminosité de 90 % ! De plus, la température et l’hygrométrie exigée pour cette catégorie de musées nécessiterait une isolation thermique optimale de l’ensemble de l’enveloppe, y compris la façade principale. L’ensemble de ces exigences serait non seulement très couteux, mais mettrait également en danger les qualités architecturales – géométrie, luminosité, matérialité - du bâtiment centenaire.
  • VISIBILITÉ/ACCESSIBILITÉ
  • La situation urbaine actuelle du musée dans la ville jouit d’ores et déjà de nombreuses qualités comme son intégration dans un circuit d’espaces publics, verts ou minéraux. Ce dernier mériterait cependant d’être explicité et renforcé. Néanmoins, à l’échelle de la concurrence nationale et internationale, un certain caractère hermétique de l’institution ne peut être nié. Ce moment clé dans l’histoire du musée offre l’opportunité unique de changer en profondeur cette image. Un moyen clé pourrait être d’inverser le caractère exclusif présent aujourd’hui : rendre accessible le musée à un autre public qui pourrait à son tour ouvrir la collection au monde.
  • PROPOSITION
  • Nous proposons d’organiser toute l’exposition qui nécessite un contrôle de température, d’hygrométrie ou de luminosité avancée dans un bâtiment plus adapté qui est la nouvelle extension. Simultanément, les espaces centraux du bâtiment sont transformés en espaces publics, accessibles aux citoyens et programmés de manifestations non-muséales. Les salles périphériques du bâtiment Horta seront désormais quant à elle intégrées au parcours de l’exposition permanente. En exposant la collection des sculptures dans ces ailes, l’ensemble du bâtiment existant peut être conservé avec des adaptations techniques légères. L’extension consiste en trois parties : l’exposition permanente dans un bâtiment horizontal qui couvre le site dans son entièreté, un sous-sol pour le stockage et la restauration, et une émergence de trois niveaux pour les expositions temporaires rendant l’Institution plus visible dans la ville et offrant une vue inédite sur ce même centre-ville.
  • ESPACE PUBLIC
  • A la manière des grands espaces publics couverts du 19°siècle, tel que la Galerie Royale à Bruxelles, nous proposons d’ouvrir les espaces centraux au public, sept jours par semaine et jusqu’au soir tard. Un nombre d’activités non-muséales, programmés ou non, y sont encouragées. Cet espace offre des vues le long des axes panoptiques vers les salles d’exposition latérales. La billetterie du musée, le bookshop et la cafétéria y sont organisés à l’aide de pavillons isolés. Se trouvent également présents dans cet espace, les espaces pédagogique, l’espace social pour les employés ainsi que les bureaux au premier étage. L’ensemble de ces fonctions participent à l’animation et à la vie publique de l’institution tout en permettant de conserver un certain degré de contrôle social.
  • NAPPE
  • A l’intérieur de l’îlot, l’ensemble des parcelles non-construites sont envahies par une nappe de salles orthogonales en contraste avec la structure radiale du musée existant, mais topographiquement identiques. Elles offrent un paysage hybride d’exposition, d’une part, divisé par des cloisons qui forment des salles de tailles variées, d’autre part unis par des angles ouverts de circulation offrant des perspectives diagonales et traversantes. Ce paysage crée aussi une grande liberté dans l’organisation des sept thèmes de l’exposition permanente. De multiples circuits y sont possibles. Ceux-ci intègrent les salles existantes où sont exposées les sculptures et autres œuvres de la collection pouvant profiter de la lumière naturelle abondante. Une toiture horizontale laisse percoler une lumière naturelle modérée et contrôlable dans la nouvelle extension.
  • SOUS-SOL
  • Un patio installé dans la grille amène de la lumière vers le sous-sol situé dans la partie tangente à la rue Fauquez. Sa situation stratégique, à côté de la tour, permettent de tisser des relations visuelles entre l’expo permanente au rez, l’expo temporaire dans la tour et l’atelier de restauration et le stockage au sous-sol.
  • TOUR
  • L’exposition temporaire sera organisée dans un volume simple vertical. Les circulations verticales sont situées du côté nord-est derrière une façade transparente, offrant aux visiteurs une vue inédite sur le centre-ville.
  • CLIMAT/LUMIÈRE
  • Trois catégories de luminosité et de climat intérieur se mettent en place. Dans la partie espace public nous ne prévoyons que des mesures « low-tech » pour assurer un confort de base tel qu’un chauffage en hiver et un brise-soleil non réglable à l’intérieur de la double toiture. Dans les ailes périphériques qui font partie du circuit expo, un système de stores élémentaires est appliqué, la température y sera stable toute l’année. Il n’y a cependant pas de système de climatisation et d’hygrométrie contrôlée prévues pour ces 5 salles. Enfin, luminosité, température et hygrométrie seront totalement maitrisées dans la partie neuve.
  • FAÇADES
  • Comment se positionner avec l’extension du musée entre le bâtiment de Horta qui est dominant et autonome, et l’îlot dans lequel il se trouve ? Nous choisissons de ne pas subordonner l’extension au bâtiment principal, ni de l’intégrer dans l’îlot, mais de le laisser suivre sa propre logique.
  • Les trois éléments de façades qui apparaissent dans les rues, ainsi que la tour sont l’expression littérale de la logique intérieure de la grille rendue lisible à la ville. Cette dernière se matérialise sous la forme d’un cadre en aluminium poli qui reflète l’atmosphère du temps et des nuages. Le remplissage de l’intérieur des cadres est variable : verre transparent, quelques panneaux de verre translucide et de nombreux panneaux métalliques nervurés et opaques.
  • PHASAGE
  • Le scénario le plus opportun doit tenir compte de la continuité du fonctionnement du musée, et de la longue procédure du dossier de restauration.
  • Dans un premier temps, l’idée serait de construire la partie de l’extension donnant sur la rue Fauquez avec son sous-sol qui comprend les espaces de stockage et la tour. Pendant cette période le musée continuera de fonctionner de manière habituelle pendant que le dossier de restauration suit son cours. Dans un second temps la collection sera déménagée et archivée, une exposition peut être organisée dans le nouveau bâtiment. Enfin, la restauration démarrera et la deuxième partiede l’extension autour du bâtiment Horta sera construite. Finalement, l’exposition permanente verra le jour, et le bâtiment Horta commencera sa nouvelle vie d’espace public.
  • RESTAURATION DU MONUMENT
  • Le Musée des Beaux-Arts de Tournai est un des bâtiments publics les plus remarquables de l’œuvre de Victor Horta : sa conception répondant à un programme spécifique (hébergement de la collection privée de Henri Van Cutsem), son caractère d’origine intact ainsi que le maintien au fil du temps de sa fonctionnalité, en font un édifice prestigieux de valeur exceptionnelle. Notre mission est de conserver ce patrimoine mais également de revaloriser ses qualités initiales tout en l’adaptant aux exigences contemporaines. Grâce à l’analyse des plans historiques (IRPA), la lecture attentive des mémoires de Victor Horta (Laruelle & Laruelle, 1985), la consultation des archives de la ville de Tournai et du Musée Horta, l’examen des photos historiques, la recherche comparative avec l’ensemble de l’œuvre de Horta (notamment le Palais des Beaux-Arts de Bruxelles) et, bien évidemment, le bâtiment en tant que document, les qualités architecturales du Musée des Beaux-Arts peuvent être mises en exergue :
  • L’ARCHITECTURE DES FAÇADES ET DES TOITURES
  • Le bâtiment a été conçu à partir de la façade principale, proéminente et donnant accès à un espace intérieur ouvert. Sa monumentalité est non seulement caractérisée par l’usage de la pierre naturelle, mais également par ses toitures aux versants vitrés et aux brisis recouverts d’ardoises. A contrario, les autres façades de l’édifice sont réalisées en brique et se distinguent par leur caractère « introverti » : une fois arrivé à l’intérieur de l’édifice, la monumentalité de la façade principale se déploie à l’intérieur, accompagnant les visiteurs dans leur parcours le long des murs extérieurs pourvus de cimaises d’exposition.
  • LA FLUIDITÉ DES ESPACE
  • Une fois arrivé dans l’espace central et à partir de ses deux extrémités, le regard du visiteur peut percevoir l’ensemble du Musée. Ces axes visuels forment le point de départ conceptuel de Horta et ont déterminé la forme du bâtiment.
  • LA LUMIÈRE NATURELLE
  • La lumière naturelle atteint le cœur de l’édifice en traversant les toitures vitrées mais également certains planchers (les profilés des charpentes métalliques ainsi que le verre sont très probablement d’origine).
  • L’AMBIANCE DES ESPACES INTERIEURS
  • L’ambiance des espaces intérieurs a été déterminée par une palette de couleurs choisie par Horta en harmonie avec les couleurs des matériaux structurels : les sols en granito, les escaliers en pierre naturelle, les éléments en bois (portes et parquets), la structure métallique des lanterneaux, etc.
  • Ces qualités architecturales ont ensuite été évaluées et comparées avec l’état actuel de la construction, tout en apportant une attention particulière à l’authenticité et l’intégrité de ses composants. Cette analyse comparative a permis de déterminer la «période d’apogée» du bâtiment, correspondant à l’état initial du Musée, défini par Horta lors de sa conception. Les interventions postérieures ont en effet un impact négatif sur la qualité architecturale d’origine ; les éléments ajoutés, de valeur architecturale moindre, peuvent de plus être démantelés vu leur caractère réversible.
  • La détermination de cette période d’apogée, cadre de référence historique, a finalement donné la direction des débats et travaux de l’équipe interdisciplinaire :
  • Restaurer la façade principale et son caractère monumental et donner une plus grande liberté d’intervention sur les autres façades extérieures en briques.
  • .Restaurer les toitures (charpentes métalliques et vitrages) et les adapter aux exigences actuelles.
  • Les interventions envisagées pour la toiture devant être conçues par « l’intérieur » (isolation des planchers des combles et doubles vitrages dans les lanterneaux), tout en assurant le passage de la lumière vers les espaces sous-jacents. Le système de ventilation mécanique réalisé dès l’origine pour éviter la surchauffe des combles sera évidemment conservé et renforcé par l’ajout des techniques spéciales adéquates pour offrir à chaque espace sous-jacent une ambiance climatique spécifique. Celles- ci seront intégrées dans les combles et le sous-sol (valeur patrimoniale neutre) et dans les éléments existants (dans les sols, plafonds et cimaises voir note sur la performance énergétique).
  • Conserver les axes visuels qui ont été conservés et ouvrir ceux qui ont été obturés au fil du temps (voir schémas).
  • RETROUVER LA PALETTE DE COULEUR D’ORIGINE
  • Une étude de couleurs précise et systématique est évidemment nécessaire mais, en se basant sur l’étude comparative de l’œuvre de Horta, nous pouvons présumer de l’usage de teintes « terreuses ». Sur une photo datant de l’inauguration (1928), on constate que plusieurs nuances de couleurs sont perceptibles à l’intérieur : teintes foncées pour les cimaises, couleurs plus claires pour les murs et colonnes et presque blanc pour les corniches et plafonds.
  • L’extension du Musée, conçue sur base de ces directives, mettra en valeur les qualités architecturales et patrimoniales de sa conception d’origine, tout en respectant les contraintes de fonctionnement actuelles. Notre équipe a profondément intégré ces caractéristiques et les a utilisés comme « facteur enrichissant » pour imaginer l’extension de la construction.
  • DURABILITÉ
  • Le projet s’inscrit dans une approche de durabilité globale. Il faut tenir compte d’un trio énergétique : la philosophie 3P : Planet, People, Profit. Pour atteindre ses objectifs, différentes pistes sont à explorer
  • LUMIÈRE DU JOUR ET CLIMAT ESTIVAL DANS LE MUSEE EXISTANT
  • Nous décrivons ici le processus que nous avons suivi pour la restauration des toitures vitrées existantes du Palais des Beaux-Arts de Victor Horta à Tournai. Ces propositions sont basées sur nos expériences acquises pendant la restauration des toitures vitrées du palais des Beaux-Arts à Bruxelles, et de toitures similaires au musée royal de l’Afrique centrale à Tervuren. Nous faisons une distinction entre deux possibilités: espace tampon (exigences climatiques moins rigides, sculptures, restaurant, bookshop) et espace expo (exigences climatiques rigides, peintures).
  • ESPACE TAMPON
  • Dans cet espace tampon, nous pouvons prétendre à des conditions climatiques moins exigeantes : un contrôle de la température intérieure moins rigide (entre 15 ˚C en hiver et 27 ˚C en plein été), et un apport de lumière du jour abondant. Cette réduction des exigences nous permet de nous limiter à des interventions qui respectent au maximum la situation historique, à la fois pour l’apport de lumière du jour et pour la composition des toitures. Nous proposons en effet d’installer un simple vitrage laminé dans la verrière inférieure (sur lequel on peut marcher pour le nettoyage), et un simple vitrage avec une couche à contrôle solaire pyrolytique (type AGC Sunergy) dans la verrière supérieure. L’étanchéité à l’air des deux verrières est renforcée pour minimiser les pertes par infiltration/exfiltration en hiver. D’autre part, en été, l’espace entre les deux verrières est hautement ventilé avec de l’air extérieur, pour ainsi réduire fortement la température de cette espace et les apports solaires vers l’espace tampon. Durant cette période, la ventilation est réalisée d’une manière naturelle par des ouvertures dans la verrière extérieure. Ces ouvertures étaient déjà là dans la situation originale, et sont maintenant équipées de moteurs pour permettre une gestion automatique.
  • Dans ces conditions climatiques, un système de protection solaire et de contrôle d’apport de lumière du jour permet de réaliser le climat tampon dans les salles. Ce système de protection par drapeaux est inspiré de la solution qu’on peut retrouver encore au Musée royal de l’Afrique centrale (Tervuren). Aucune structure additionnelle est nécessaire pour ces drapeaux: la hauteur des charpentes, et la distance entre les charpentes suffit pour intégrer cette protection. La géométrie permet à la fois une position verticale (temps gris) et une position horizontale (en courbe, temps ensoleillé) de ces drapeaux. Nous utilisons des verres extra-clairs pour réaliser une couleur neutre de la lumière du jour. L’ensemble de ces mesures mène à une situation dans laquelle l’exubérance originale de la lumière du jour est conservée sans le désavantage de la surchauffe. Les charpentes sont peintes en gris très clair pour minimiser les effets d’ombrage sur la verrière intérieure. Dans les espaces tampons, une couche de laine de cellulose couverte d’un textile est intégrée dans les cimaises pour réaliser à la fois une absorption acoustique et une capacité hygrométrique.
  • ESPACE EXPO
  • Bien que nous préférions les mesures limités de l’espace tampon dans le cadre du respect du bâtiment existant, nous avons aussi considéré la possibilité de réaliser un contrôle d’apport de lumière du jour et de la température intérieure plus stricte. Dans ces cas, deux mesures s’ajoutent aux mesures de l’espace tampon : (1) la protection solaire se fait maintenant par des lamelles blanches horizontales légèrement perforées (inspiré par l’approche de l’architecte Berlage (un contemporain de Horta) au Gemeentemuseum à La Hague) et (2) le vitrage dans la verrière inférieure est remplacé par un double vitrage laminé, et les éléments structurels en acier, sont couvert d’un isolant rigide (type Komacel) pour ainsi réaliser une résistance thermique plus élevée, ce qui améliore à la fois la performance énergétique en hiver, et la protection solaire en été.

 

 

 

 

Les commentaires sont fermés.